République centrafricaine

Rapport de situation
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©Oxfam/Aurélie Godet, Batangafo, Préfecture de l’Ouham, RCA.
©Oxfam/Aurélie Godet, Batangafo, Préfecture de l’Ouham, RCA. Sylvie en train d’animer une séance de sensibilisation

Success story : Sylvie Ngonda : une déplacée qui aide des victimes de viol et d’agression

Agée de 30 ans, Sylvie Ngonda est animatrice dans le comité de protection communautaire (CPC) à Batangafo, nord de la République centrafricaine (RCA). Une structure mise en place par Oxfam sur financement du Fonds humanitaire (FH). Les dernières années de conflit n’ont laissé que peu d’infrastructures et beaucoup de déplacés, environ 23 000 personnes dans cette région. Sylvie, femme déplacée, aide les personnes victimes de viol et d’agression à se rétablir. Elle tente également d’aider les combattants à sortir des camps et à renoncer aux armes à travers des activités de sensibilisation.

« Quand les groupes armés ont brûlé ma maison en novembre 2017, j’ai tout perdu », relate-t-elle. Mère de cinq enfants, elle a vécu sur le site de déplacés pendant plus d’un an. Elle a vu des femmes et des filles effrayées d’aller se rendre aux champs ou à la rivière, de peur de se faire agresser ou violer en chemin.

Sylvie a commencé à travailler comme membre du CPC en juillet 2018. Ce comité a été mis en place pour protéger les civils de la crise. Les membres font des séances de sensibilisation sur différentes thématiques, notamment sur le droit des femmes et des enfants. Ils reçoivent les victimes de violences sexuelles ou physiques et les réfèrent aux services appropriés pour une prise en charge. « La plupart sont des cas de viols, des accusations de sorcellerie portées contre de vieilles femmes ou des enfants, torturés par des hommes armés. Nous les orientons vers l’hôpital, nous faisons un suivi et nous veillons à ce qu’ils ne soient pas stigmatisés », précise Sylvie.

Volontaire et déterminée à apporter son assistance aux personnes affectées, Sylvie ne s’est pas limitée à son activité du CPC. Elle apporte sa contribution dans le processus de retour à la paix et à la pacification de sa communauté, à travers d’autres activités de sensibilisation.

Elle invite par exemple des jeunes qui ont pris des armes et qui vivent dans la brousse à en sortir et à déposer les armes. L’histoire d’Aimé (nom fictif) est un succès pour l’animatrice du CPC. « Un jour mon petit-frère était venu à la maison avec son ami Aimé. Je savais qu’il faisait partie des groupes armés, alors j’ai commencé à lui parler », a-t-elle dit. En 2015, Aimé a pris les armes par vengeance après que ses parents aient été tués par des hommes armés. Trois ans plus tard, alors qu’il était sorti de la brousse, il rencontre Sylvie qui lui a fait comprendre qu’il faisait peur à ses frères et sœurs. Les arguments que Sylvie a exposés ont convaincu Aimé d’abandonner les armes. « Je ne veux pas mourir lors d’un combat comme certains de mes amis », a-t-il partagé. Il participe désormais aux activités de sensibilisation du CPC.

Malgré ces succès, beaucoup reste à faire. Les yeux embués, Sylvie s’emporte : « Ma nièce a été violée en avril dernier. Il faut que cela cesse ! Je ne veux plus voir la souffrance des femmes. Je veux que la paix revienne à Batangafo. Et en RCA, mon pays »

Contact médias Oxfam : Aurélie Godet | +236 75 36 86 35 | aurelie.godet@oxfam.org

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