République centrafricaine

Rapport de situation

Faits saillants

  • 188 incidents touchant directement le personnel ou les biens humanitaires ont été enregistrés entre janvier et août 2019, comparé à 277 durant la même période en 2018
  • Bien que le nombre d’incidents ait baissé, le type de violence a augmenté (28 humanitaires ont été blessés entre janvier et août 2019 contre 13 sur la même période en 2018).
  • En 2020, 2,6 millions de centrafricains, soit 52% de la population totale vont nécessiter de l’assistance humanitaire et de la protection.
  • 1,7 million de personnes auront des besoins urgents et sévères, un chiffre en augmentation par rapport à l’année 2019.
Child in Central African Republic
OCHA RCA/ Adrienne Surprenant

URL:

Téléchargé le:

République centrafricaine

Rapport de situation

Chiffres clés

581000
# de personnes déplacées
607000
# de réfugiés centrafricains
2,6M
# ayant besoin d’une aide humanitaire
1,8M
# touchée par l’insécurité alimentaire

URL:

Téléchargé le:

République centrafricaine

Rapport de situation

Financement

$430.7M
Requis
$301M
Reçu
70%
Progrès
FTS

URL:

Téléchargé le:

Contacts

Rosaria Bruno

Adjointe au Chef de Bureau

Maxime Nama

Unité de l’Information Publique

République centrafricaine

Rapport de situation
Coordination
@OCHA RCA/José Toundou, Birao Préfecture de Vakaga.
Les déplacés reçoivent des biscuits à haute énergie

La communauté humanitaire se mobilise à Birao

Plus de 24 000 déplacés suite à des affrontements entre deux groupes armés

Des affrontements entre deux groupes armés ont eu lieu à Birao dans la première quinzaine du mois de septembre, dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la République centrafricaine (RCA). Le bilan des affrontements du 1er septembre fait état de 24 morts selon la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) et de 19 personnes blessées selon des sources hospitalières. Le marché ainsi qu’un grand nombre de maisons ont été brulés ; la quasitotalité de la population s’est déplacée ; des bases des Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont été pillées. Une recrudescence de la violence le 14 septembre a fait, selon la MINUSCA, 39 morts et 17 blessés dont un élément de la Force MINUSCA, et a provoqué de nouveaux déplacements de populations.

Au 30 septembre, on estime qu’au moins 24 000 personnes ont été déplacées suite au conflit armé. La plus grande majorité des déplacés a trouvé refuge sur le site de la MINUSCA à Birao, l’aérodrome et d’autres lieux de regroupement. Au 4 octobre, la communauté humanitaire continue à recenser les déplacés car il y a des retours timides en ville.

Dans un communiqué de presse publié le 17 septembre, la Coordonnatrice humanitaire a lancé un appel à toutes les parties concernées, leur demandant de respecter les obligations qui leur incombent en vertu du Droit International Humanitaire et à protéger les civils, les infrastructures et le personnel humanitaire. La situation sécuritaire reste précaire à Birao, y compris dans les zones périphériques, malgré les efforts d’un comité de médiation qui a été activé afin de calmer les tensions.

Une réponse humanitaire d’urgence multisectorielle

Le 3 septembre une première mission humanitaire d’évaluation rapide des besoins s’est rendue à Birao sous le leadership de la Coordonnatrice humanitaire, et avec la participation de représentants des Agences des Nations Unies et des ONG internationales.

Suite à cette mission, un plan de réponse d’urgence a été mis en place avec plus de 90 tonnes d’intrants transportés par voie aérienne à Birao (vols cargo du cluster logistique, UNHAS, et vol spéciaux commandés par le PAM pour le transport des vivres) et le déploiement en rotations de 79 agents humanitaires depuis Bangui. 13 organisations humanitaires et tous les clusters ont été impliqués dans la réponse depuis le déclenchement de la crise. Ces derniers ont été déployés à Birao avec un système de rotations de personnel humanitaire. Le nombre d’acteurs humanitaire à Birao est en net augmentation puisque seulement quatre organisations étaient présentes sur place auparavant. Les organisations suivantes sont actuellement présentes sur place : CroixRouge Centrafricaine, IMC, INTERSOS, OCHA, ODESCA, PAM, Triangle Génération Humanitaire, UNFPA, HCR, UNICEF, OMS et War Child.

Les distributions de biscuits à haute énergie, de vivres et de biens nonalimentaires (NFI) ont eu lieu, des blocs de latrines ont été installés et un système de distribution d'eau a été mis en place pour favoriser l'approvisionnement des personnes déplacées. Des soins médicaux sont disponibles pour la population affectée et environ 100 consultations ont lieu chaque jour.

Dans le site de la MINUSCA, les tensions communautaires et le caractère civil du site demeurent des préoccupations majeures. Les activités de promotion de cohésion sociale à travers les leaders communautaires se poursuivent.

La réponse de première urgence a été maintenue pendant une durée d’environ trois semaines après lesquelles une passation a été opérée sur la base d’une planification de réponse pour les trois prochains mois. On anticipe en effet de nouveaux déplacements potentiels de populations à cause de l’impact de la crise mais aussi des difficultés d’accès, les routes de ravitaillement étant bloquées pendant la saison de pluies. La combinaison de ces facteurs empêche un retour immédiat à la normalité. Le 28 septembre, une mission pilotée par la Coordonnatrice humanitaire en RCA, avec la ministre de l’Action humanitaire et de la Réconciliation Nationale, le ministre de la Santé et de la Population, et des membres de l’Equipe Humanitaire Pays, s’est rendue à Birao. L’objectif de la mission a été d’évaluer le progrès et les besoins additionnels de la réponse humanitaire en cours.

URL:

Téléchargé le:

République centrafricaine

Rapport de situation
Visuels

La voix du Pangolin*

@OCHA/RCA, Mattia Villa

@OCHA/RCA, Mattia Villa

L’insécurité continue d’impacter le bon fonctionnement des marchés. Elle expose les commerçants, les fournisseurs et les ménages à des risques de protection considérables. Les commerçants continuent de souffrir d'une liberté de mouvement limitée qui impacte souvent leurs stocks disponibles. Ils sont les victimes de vols et de fermetures temporaires forcées. De la même manière, leurs clients sont exposés à des taxes illégales et à d’autres incidents de protection. Au-delà de l’insécurité, le manque de moyens de transport, la dégradation des routes et dessertes agricoles ainsi que les taxes illégales infligées par les groupes armés engendrent toujours un dysfonctionnement des marchés dans la majeure partie du pays. Enfin, l’insécurité, la violence armée et l’accès difficile aux marchés continuent d’entraver la disponibilité, la compétitivité et le caractère abordable des biens essentiels. L’inaccessibilité de ces biens peut avoir de potentielles conséquences humanitaires au niveau multisectoriel pour les ménages.

* Créature typique de la RCA, le pangolin est l’animal le plus menacé au monde par le braconnage et le commerce illégal. En vertu de sa position désavantagée, cette rubrique vise à l’ériger en tant qu’un symbole de la voix des populations les plus menacées en RCA, en expliquant leurs vulnérabilités à travers des représentations visuelles faciles à comprendre et en même temps qui font réfléchir.

URL:

Téléchargé le:

République centrafricaine

Rapport de situation
Article principal
©Oxfam/Aurélie Godet, Batangafo, Préfecture de l’Ouham, RCA.
©Oxfam/Aurélie Godet, Batangafo, Préfecture de l’Ouham, RCA. Sylvie en train d’animer une séance de sensibilisation

Success story : Sylvie Ngonda : une déplacée qui aide des victimes de viol et d’agression

Agée de 30 ans, Sylvie Ngonda est animatrice dans le comité de protection communautaire (CPC) à Batangafo, nord de la République centrafricaine (RCA). Une structure mise en place par Oxfam sur financement du Fonds humanitaire (FH). Les dernières années de conflit n’ont laissé que peu d’infrastructures et beaucoup de déplacés, environ 23 000 personnes dans cette région. Sylvie, femme déplacée, aide les personnes victimes de viol et d’agression à se rétablir. Elle tente également d’aider les combattants à sortir des camps et à renoncer aux armes à travers des activités de sensibilisation.

« Quand les groupes armés ont brûlé ma maison en novembre 2017, j’ai tout perdu », relate-t-elle. Mère de cinq enfants, elle a vécu sur le site de déplacés pendant plus d’un an. Elle a vu des femmes et des filles effrayées d’aller se rendre aux champs ou à la rivière, de peur de se faire agresser ou violer en chemin.

Sylvie a commencé à travailler comme membre du CPC en juillet 2018. Ce comité a été mis en place pour protéger les civils de la crise. Les membres font des séances de sensibilisation sur différentes thématiques, notamment sur le droit des femmes et des enfants. Ils reçoivent les victimes de violences sexuelles ou physiques et les réfèrent aux services appropriés pour une prise en charge. « La plupart sont des cas de viols, des accusations de sorcellerie portées contre de vieilles femmes ou des enfants, torturés par des hommes armés. Nous les orientons vers l’hôpital, nous faisons un suivi et nous veillons à ce qu’ils ne soient pas stigmatisés », précise Sylvie.

Volontaire et déterminée à apporter son assistance aux personnes affectées, Sylvie ne s’est pas limitée à son activité du CPC. Elle apporte sa contribution dans le processus de retour à la paix et à la pacification de sa communauté, à travers d’autres activités de sensibilisation.

Elle invite par exemple des jeunes qui ont pris des armes et qui vivent dans la brousse à en sortir et à déposer les armes. L’histoire d’Aimé (nom fictif) est un succès pour l’animatrice du CPC. « Un jour mon petit-frère était venu à la maison avec son ami Aimé. Je savais qu’il faisait partie des groupes armés, alors j’ai commencé à lui parler », a-t-elle dit. En 2015, Aimé a pris les armes par vengeance après que ses parents aient été tués par des hommes armés. Trois ans plus tard, alors qu’il était sorti de la brousse, il rencontre Sylvie qui lui a fait comprendre qu’il faisait peur à ses frères et sœurs. Les arguments que Sylvie a exposés ont convaincu Aimé d’abandonner les armes. « Je ne veux pas mourir lors d’un combat comme certains de mes amis », a-t-il partagé. Il participe désormais aux activités de sensibilisation du CPC.

Malgré ces succès, beaucoup reste à faire. Les yeux embués, Sylvie s’emporte : « Ma nièce a été violée en avril dernier. Il faut que cela cesse ! Je ne veux plus voir la souffrance des femmes. Je veux que la paix revienne à Batangafo. Et en RCA, mon pays »

Contact médias Oxfam : Aurélie Godet | +236 75 36 86 35 | aurelie.godet@oxfam.org

URL:

Téléchargé le:

République centrafricaine

Rapport de situation
Visuels

APERÇU DES MOUVEMENTS DE POPULATION

APERÇU DES MOUVEMENTS DE POPULATION

URL:

Téléchargé le:

République centrafricaine

Rapport de situation
Analyse

Augmentation des retours vers des lieux où les conditions ne sont pas toujours réunies pour qu’ils soient durables

Le mouvement de retour des personnes déplacées s’est accéléré en 2019, qu’il s’agisse d’anciens PDI ou de rapatriés spontanés. Au 1er septembre 2019, 355 000 personnes seraient retournées dans leur localités d’origine, soit une augmentation de 41% par rapport aux 252 000 personnes estimées en 2018. Les difficiles conditions de vie dans le lieu de déplacement, la volonté de réunification familiale ou encore la recherche d’opportunité économique et la perception d’une amélioration de la situation sécuritaire dans les zones d’origine sont parmi les facteurs clés de retour.

Cependant, les personnes retournées déchantent souvent une fois de retour chez elles, car les moyens de subsistances manquent et leur sécurité est loin d’être assurée. Après les PDI sur site, les personnes retournées sont d’ailleurs celles qui craignent le plus pour la sécurité de leurs ménages, des adultes (à 47%) comme des enfants (à 46%).

Suivez notre aperçu du mouvement de population en cliquant sur le lien suivant : https://bit.ly/2mm9Ocz

URL:

Téléchargé le: